Chartes de Taulignan – exposition Mars 2019

Exposition de quelques chartes de Taulignan restaurées

Exposition chartes PL

De quoi s’agit-il ici ? Outre un registre du cadastre de 1665, ni plus ni moins que des éléments les plus anciens de notre patrimoine, sous la forme de 7 parchemins du XIIIe au XVe siècle, dont sont exposés 4 originaux et 3 reproductions (ces dernières pour des raisons pratiques, la taille des originaux ne leur permettant pas d’entrer dans une vitrine).

Ce sont des parchemins, c’est-à-dire des documents écrits sur des peaux d’animal, généralement mouton ou veau, parfois cousues l’une à l’autre, qui servaient de support aux actes importants.

Ces documents sont appelés « instruments » : ce sont des actes juridiques établis par une personne habilitée, le plus souvent un notaire, car c’est une des rares personnes à savoir écrire, et qui spécifient les dispositions d’un accord entre deux parties, d’une convention, d’un engagement, et qui serviront par la suite de référence pour l’exercice d’un droit.

Ces actes sont rédigés en latin qui est partout la langue de l’écrit au Moyen Âge, l’occitan étant chez nous comme dans tout le Midi la seule langue parlée du XIIe au XVIe siècle, mais que pour Taulignan l’on ne retrouve pas dans les chartes. On a par contre l’occitan à l’écrit à Taulignan dans les comptes consulaires, c’est-à-dire la comptabilité de la ville tenue par, ou au nom, des consuls (consols) de 1455 à 1539, avec quelques cahiers en latin. Le français n’apparaît à Taulignan dans aucun document avant 1539 date à laquelle le premier François, le roi Français Ier (prononcer les deux [franswè]), le rend obligatoire à l’écrit par son ordonnance de Villers-Cotterêts du 25 août.

Ces textes, rédigés en latin donc, sont généralement construits sur le même modèle, un peu à la manière de nos actes notariés, avec au début indication de l’année (on se souvient que le calendrier julien ne correspond pas au nôtre avant 1582) et, à la fin, mention du lieu, des différents témoins, de l’ordre d’une demi-douzaine ou plus, et du notaire qui a rédigé l’acte. Dans la plupart des cas est appendu un sceau mais ceux-ci n’ont bien souvent pas survécu au passage du temps (et des lecteurs successifs…)

Comme on pourra le constater, le contenu de ces actes est loin d’être immédiatement accessible, que ce soit en raison de la langue employée (même si le latin n’est pas très difficile) ou en raison de l’écriture (même si l’on est familiarisé avec la paléographie) ou encore à cause de leur état de conservation. Si bien que rares sont les personnes susceptibles de les lire si l’on n’a pas fait l’École des chartes. L’historien non professionnel pourra toutefois avoir recours aux résumés que l’on peut trouver dans les inventaires d’archives dressés par les archivistes comme André Lacroix ou, comme c’est le cas pour quelques-unes de nos chartes, s’il l’on a la chance de tomber sur une traduction française qui en a été faite vers le milieu du XVIe siècle.

JC Rixte

Le vernissage du 2 mars 2019 a rassemblé une trentaine de personnes, nous vous espérons nombreux à venir à cette exposition.

Cheminée

Notre association continue à préserver le patrimoine bâti de notre village. Le conseil d’administration a décidé de se porter acquéreur d’une cheminée monumentale qui était encastrée dans une maison des petits remparts et date probablement du XVIe.  Celle-ci est aujourd’hui  entreposée dans un local communal en attendant de lui trouver un lieu d’exposition.

Nous remercions Mr le maire d’accepter de stocker cette cheminée et nous remercions également les employés municipaux, Mr Jouve et Mr Guyon Régis qui ont réalisés le transport.

Place de la Vendée

Cette place témoigne de l’urbanisme du bourg castral avant les opérations d’élargissement des rues au XIXe siècle: des rues très étroites avec régulièrement des élargissement créant de petites places.

Maison du tailleur de pierres : Si l’on a la curiosité de s’enfoncer dans cette impasse que forme la place de la Vendée, on découvre au fond à droite la façade fin XVe – début XVIe siècle en parfait état, de la maison d’un tailleur de pierre. Seul un des meneaux de la fenêtre du premier étage manque. Noter les pierres chanfreinées des fenêtres du premier et deuxième étages, typiques de cette époque. Noter également la porte à double accolade ayant en son centre un écusson portant une équerre et un marteau, signes d’un artisan tailleur de pierres.

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Maison rue des fontaines

Cette maison remarquable comporte deux niveaux au dessus du soustet et un avant-toit débordant sur aisseliers en bois du début XVIe, comme la façade elle-même.
 A la base des arcs en bois de l’avant-toit, de gauche à droite, sculpté sur les culots on voit : un écu, un chapiteau, deux anges face à face, et une lionne. L’avant-toit en bois et l’élévation en pierre de la façade sont contemporains. Ils ont une fonction décorative et ostentatoire. Les chênes utilisés sont locaux mais le travail, d’une grande qualité d’exécution, est celui d’un spécialiste, que l’on a fait venir.  La technique utilisée est celle de la ferme diaphragme typique des charpentes médiévales méridionales. Les exemplaires en sont aujourd’hui très rares. Les traces d’ancrages verticaux  entre les fenêtres non couvertes à gauche indiquent que l’avant-toit se poursuivait sur toute la façade.
Référence : Emilien Bouticourt : ‘Construire des charpentes autrement’, thèse Paris I, 2014 et ‘Charpentes méridionales’, Honoré Clair, 2016
Un graffiti hébraïque avec une  tête d’ange et inscription Abraham [-] orzoi a été retrouvé sous des enduits dans l’une des pièces de la maison en étage.

Les deux pièces du premier étage donnant sur la rue des Fontaines sont vastes. Celle du nord a conservé sa triple fenêtre à meneaux très décorée. Celle du sud porte les traces d’une fenêtre identique. On y trouve un mur couvert de graffiti hébraïques, gravés sur l’enduit le plus ancien, celui du XVIe siècle. On distingue une étoile à 6 branches, un arbre séphirotique (arbre de vie), un ange, le nom d’Abraham, des traits verticaux, des inscriptions, etc.  L’origine de ces graffitis reste à étudier. On a envisagé un lieu d’emprisonnement, mais cela est difficilement imaginable dans un premier étage d’apparat. Est-ce le signe d’un marchand juif propriétaire du lieu ou d’un employé juif ?

Ils sont indexés sur l’inventaire topographique : IVR82_20012600143X
Auteur des illustrations: Eric Dessert
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Reproduction soumise à autorisation du titulaire des droits d’exploitation

Reproduction soumise à autorisation du titulaire des droits d’exploitation

Exposition Mars 2018 : Du bourg castral au village moderne – les transformations de Taulignan au XIXe siècle

Le village de Taulignan s’est fortement développé au XIXe siècle, sous l’effet notamment de l’industrialisation et de l’augmentation de la population qu’elle a provoquée. Les rues de l’ancien bourg castral ont été élargies, des maisons et bâtiments anciens ont été reconstruits ou agrandis, des bâtiments nouveaux sont apparus. Ces grands travaux nous ont laissé de nombreuses traces dans les archives : grands « plans d’alignement » ou de « redressement », plans de projets d’architecture pas toujours réalisés, etc. Ce sont tous ces documents d’archives qui seront présentés et commentés dans cette exposition. Une analyse du recensement de 1861 permettra de mieux connaître la population de ce bourg lors de cette période.

L’exposition est ouverte à tous les : vendred1 10-12h, samedi 10-12h et 15h -19h, dimanche 10-12h, du 1 mars au 25 mars 2018. Des visites guidées de groupe seront possibles sur réservation, éventuellement en dehors de ces heures.

Contact : lesonzetours@gmail.com ou 06 75 97 97 67.

Sarcophage mérovingien

Sarcophage mérovingien

Ce sarcophage a été trouvé dans l’ancienne chapelle St. Martin, datée du XIe au XIIIe siècle. Cette chapelle  est actuellement incorporée dans la ferme St. Martin.

En 2012, Mme Bois, sa propriétaire, a proposé au groupe archéologie des 11 tours de l’étudier avant sa restauration. Ce qui a été fait, sous la direction de JC Mège, archéologue et directeur du musée d’histoire et d’archéologie de Nyons.

Lors des travaux qui ont suivi, les ouvriers ont découvert un sarcophage à 30 cm de profondeur sous l’ancienne cuisine. Il était vide, mais de nombreux ossements étaient dispersés à proximité.

Mme Bois nous aussitôt appelé et JC Mège a pu le dater, par sa forme et la présence d’une cavité céphalique, du VIIe ou du VIIIe siècle soit de l’époque mérovingienne. Donc de la même époque que le fragment de pilier de chancel à entrelacs qui est déjà exposé dans cette salle.

Ces deux objets montrent qu’il existait un lieu de culte bien avant la chapelle du 11e siècle.

Le sarcophage a été entreposé à proximité et Mme Bois a proposé de le donner à la commune si l’on trouvait un endroit pour l’exposer.

L’idée a fait son chemin et il a été proposé au printemps dernier de le transporter dans la salle d’exposition de la commune. Ce qui a été fait grâce à l’aide efficace de R Guion, aidé d’un de ses engins, et des personnels techniques de la mairie. Les quelques membres des 11 tours présents ayant surtout apporté une aide morale du fait de leur âge et de l’état de leurs articulations.

Un grand merci à Mme Bois et à sa famille pour ce don, à M le maire et à Art et Culture pour avoir accepté de donner asile à ce souvenir vénérable de nos ancêtres.

Sa mise en place dans la salle d’exposition de la maison commune s’est faite le 1 juin 2017.

 

Crédit photos : JPB Jean-Paul Berger, W Didier Wolberg et GH Gérard Henneron

 

Temple

Le temple de Taulignan est situé à la sortie du village, sur la route de Nyons (route des Côtes des Rhône), à une centaine de mètres de la porte Nord. Il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historique.

Ce temple a été construit en 1868 pour remplacer la salle de prière provisoire utilisée depuis plusieurs décennies par la communauté protestante. Sa construction, dont le principe avait été adopté 30 ans plus tôt, a donné lieu à de multiples péripéties. Plusieurs projets n’ont pas abouti faute d’un terrain, d’un financement et d’un accord entre les parties en présence : municipalité, communautés protestante et catholique, autorités de tutelle (préfecture, ministère des cultes).

Le projet finalement réalisé a été conçu par N. Fontanille, architecte  à Montélimar et a couté au total environ 8000 F.

Sa forme en rotonde circulaire est assez rare. Il est surmonté d’une coupole percée de quatre fenêtres en plein cintre et portée par quatre piliers. Ces piliers, ainsi que les encadrements des ouvertures et les chainages d’angle sont en pierre de Chamaret. Les murs sont en moellons de calcaire local revêtus à l’intérieur d’un enduit blanc cassé. Des extraits du nouveau Testament sont peints au-dessus des piliers. Il est précédé d’une petite entrée rectangulaire ouvrant sur le parvis par une belle porte en noyer.

Le temple au début du 20ème siècle

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La toiture, les contreforts et la porte viennent d’être restaurés (fin 2016). Notre association  à participer à la restauration de la porte du temple (3000 euros).

  • Le temple et sa toiture ronde

L’inauguration des travaux de la restauration du temple a eu lieu le vendredi 16 juin en présence de Mr le maire, de nombreux élu (es), de membres de la communauté protestante dont son pasteur, de Mme Clappier (conservatrice du patrimoine), d’artisans qui ont réalisés les travaux et d’un certain nombre de donateurs : des représentants (es) de la fondation du Crédit Agricole, de la Fondation du Patrimoine, des Onze Tours et de la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme. Le président Mr Duforets de cette dernière association a remis à l’association des Onze Tours un Chèque de 2000 euros pour leur participation aux travaux réalisés pour la restauration de la porte du temple. L’association des Onze Tours pourra donc remettre à la municipalité un chèque de ce même montant.

Ci dessous quelques photos de cette inauguration (Photos :  D Wolberg)

Vallat du Loup

Il y a quelques années une réflexion avait été menée entre la municipalité et les 11tours pour la fermeture d’un puits donnant sur un ouvrage  intéressant, la rencontre de deux canalisations souterraines. Cet ouvrage situé à l’entrée du Parking de la magnanerie avait été fermé par un vitrage sécurisé afin de pouvoir admirer la belle maçonnerie en pierre dont certains éléments sont sans doute très anciens. La solution retenue s’est avérée inopportune, la buée rendant peu visible l’intérieur du puits et des malfrats ayant  éclaté le vitrage. Notre association a donc proposé à la mairie de prendre à sa charge la confection d’une grille type « fer forgé ». Travail qui vient d’être effectué par Clf Creation 17, Avenue Berthe et Louis Gras que nous remercions.

JF Boissier

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Intervention Chapelle Saint Pierre 2014

La sauvegarde de notre patrimoine bâti et même de nos « ruines » comme la chapelle Saint Pierre située près du cimetière haut nécessite un entretien régulier. A ce titre, l’association des onze tours en accord avec les autorités municipales a réalisé un chantier de débroussaillage et de consolidation de l’existant sur ce lieu. Un ouvrier municipal a été délégué pour participer à ce chantier.

Nos remerciements aux participants de cette opération, notamment aux bénévoles : Jean-paul Berger, Jacky Bline, Marion Lestang, Aurélien Moureau et Paul Sauteron.

 

Saint Pierre – La Tribune