Les comptes consulaires de Taulignan (1455-1529).

Jean-Claude  Rixte

Les comptes  consulaires  de  Taulignan (1455-1529)

Texte  occitan  suivi  d’un  glossaire  complet  et  d’index

Préface  de  Jean-Claude  Bouvier

Professeur émérite de langue et culture d’oc de l’Université de Provence

Taulignan : Association  des  Onze  Tours, 2019

352 pages, format 16,5 x 24 cm

ISBN : 978-2-9568380-1-2

Prix : 15 euros

Ces textes sont d’une grande importance pour situer les données linguistiques dans cette période charnière de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle, où le français commence à pénétrer dans cette partie de la Drôme actuelle et entre en concurrence dans les textes avec le latin et la langue maternelle, l’occitan.

Beaucoup d’analyses linguistiques peuvent être entreprises à partir du texte de ces comptes de Taulignan. Et les historiens ou simples amateurs d’histoire y trouveront aussi beaucoup d’éléments précis pour mieux connaître la réalité économique, technique, sociale de cette commune dans cette période de transition.

Une édition exemplaire, à la fois très scrupuleuse et volontairement accessible à un large public, d’une série de textes qui nous éclairent singulièrement sur l’histoire linguistique et culturelle de cette commune de Taulignan.

Extrait de la préface de Jean-Claude Bouvier

Bon de commande : CC Taulignan_Bulletin commande

 

Plaque en fonte du réseau des eaux de Taulignan

Plaque en fonte du réseau des eaux de Taulignan – 1886

Au XIXe siècle, les fontaines de Taulignan étaient alimentées par la source Clavelle, située au NE du bourg, près de la Rialhe. Le débit de cette source devenant insuffisant, la municipalité a signé, le 12 mai 1882, une convention avec M Félicien Thomas, moulinier en soie. Selon ce contrat, M Thomas s’engage à capter des sources en contrebas des bois de Taulignan et à construire une canalisation suffisante pour conduire cette eau jusqu’à la place du Château. Ce qui nécessite la construction d’un tunnel de 400m sous la colline des Buissières, au nord du quartier Auzières.

M Thomas s’engage à fournir à la commune un débit constant de 125 lignes d’eau (soit 125 l/min). En contrepartie, il pourra vendre le surplus à des particuliers, sous réserve de fournir la commune en priorité.

M Thomas s’engage à faire faire tous les travaux à ses risques et périls et à entretenir et garantir l’installation pendant 10 ans. La municipalité s’engage, en contrepartie des 125 lignes d’eau, à lui verser 5000F à la réception des travaux, puis 5000F au bout des 10 ans de garantie.  la fin de cette période de 10 ans, la commune devait devenir entièrement propriétaire du réseau, M Thomas se gardant le bénéfice de l’exploitation des lignes d’eau concédées à des particuliers.

Après de nombreuses péripéties administratives, le réseau des « eaux Thomas » sera mis en service le 5 octobre 1886. M Thomas n’attendra pas 10 ans pour céder son ouvrage à la commune : dès le 18 octobre 1888, il vend tous ses droits à celle-ci contre une rente viagère de 730 F par an.

Ce réseau est toujours en partie en service 130 ans plus tard, incorporé au réseau actuel. Le tunnel des Buissières en particulier a dû être réparé plusieurs fois, entre-autre suite à un éboulement en 1910, puis en 1978 suite à l’obstruction des canalisations par le calcaire.

Les 125 lignes d’eau attribuées à la commune étaient réparties entre les différentes fontaines publiques. Le débit de chacune des fontaines était régulé par des vannes situées sous la chaussée et protégées par des plaques en fonte. C’est l’une de ces plaques qui a été retrouvée récemment et restaurée par les services techniques de Taulignan. Elle porte la mention « Fontaines de Taulignan – 1886 » et date donc de la mise en service du réseau Thomas.

Source : AD Drôme – EDEPOT93/130 – 1O2 Canalisations                                                                          JP Berger – mars 2019

Cette plaque est aujourd’hui visible par tous dans la salle d’exposition de la commune de Taulignan.

Chartes de Taulignan – exposition Mars 2019

Exposition de quelques chartes de Taulignan restaurées

Exposition chartes PL

De quoi s’agit-il ici ? Outre un registre du cadastre de 1665, ni plus ni moins que des éléments les plus anciens de notre patrimoine, sous la forme de 7 parchemins du XIIIe au XVe siècle, dont sont exposés 4 originaux et 3 reproductions (ces dernières pour des raisons pratiques, la taille des originaux ne leur permettant pas d’entrer dans une vitrine).

Ce sont des parchemins, c’est-à-dire des documents écrits sur des peaux d’animal, généralement mouton ou veau, parfois cousues l’une à l’autre, qui servaient de support aux actes importants.

Ces documents sont appelés « instruments » : ce sont des actes juridiques établis par une personne habilitée, le plus souvent un notaire, car c’est une des rares personnes à savoir écrire, et qui spécifient les dispositions d’un accord entre deux parties, d’une convention, d’un engagement, et qui serviront par la suite de référence pour l’exercice d’un droit.

Ces actes sont rédigés en latin qui est partout la langue de l’écrit au Moyen Âge, l’occitan étant chez nous comme dans tout le Midi la seule langue parlée du XIIe au XVIe siècle, mais que pour Taulignan l’on ne retrouve pas dans les chartes. On a par contre l’occitan à l’écrit à Taulignan dans les comptes consulaires, c’est-à-dire la comptabilité de la ville tenue par, ou au nom, des consuls (consols) de 1455 à 1539, avec quelques cahiers en latin. Le français n’apparaît à Taulignan dans aucun document avant 1539 date à laquelle le premier François, le roi Français Ier (prononcer les deux [franswè]), le rend obligatoire à l’écrit par son ordonnance de Villers-Cotterêts du 25 août.

Ces textes, rédigés en latin donc, sont généralement construits sur le même modèle, un peu à la manière de nos actes notariés, avec au début indication de l’année (on se souvient que le calendrier julien ne correspond pas au nôtre avant 1582) et, à la fin, mention du lieu, des différents témoins, de l’ordre d’une demi-douzaine ou plus, et du notaire qui a rédigé l’acte. Dans la plupart des cas est appendu un sceau mais ceux-ci n’ont bien souvent pas survécu au passage du temps (et des lecteurs successifs…)

Comme on pourra le constater, le contenu de ces actes est loin d’être immédiatement accessible, que ce soit en raison de la langue employée (même si le latin n’est pas très difficile) ou en raison de l’écriture (même si l’on est familiarisé avec la paléographie) ou encore à cause de leur état de conservation. Si bien que rares sont les personnes susceptibles de les lire si l’on n’a pas fait l’École des chartes. L’historien non professionnel pourra toutefois avoir recours aux résumés que l’on peut trouver dans les inventaires d’archives dressés par les archivistes comme André Lacroix ou, comme c’est le cas pour quelques-unes de nos chartes, s’il l’on a la chance de tomber sur une traduction française qui en a été faite vers le milieu du XVIe siècle.

JC Rixte

Le vernissage du 2 mars 2019 a rassemblé une trentaine de personnes, nous vous espérons nombreux à venir à cette exposition.

Cheminée

Notre association continue à préserver le patrimoine bâti de notre village. Le conseil d’administration a décidé de se porter acquéreur d’une cheminée monumentale qui était encastrée dans une maison des petits remparts et date probablement du XVIe.  Celle-ci est aujourd’hui  entreposée dans un local communal en attendant de lui trouver un lieu d’exposition.

Nous remercions Mr le maire d’accepter de stocker cette cheminée et nous remercions également les employés municipaux, Mr Jouve et Mr Guyon Régis qui ont réalisés le transport.

Maison noble rue des Fontaines, XVe et XVIe siècles.

Cette maison a une façade sobre et digne qui cache une maison noble des XVe et XVIe siècles.
Noter les montants chanfreinés des quatre fenêtres du Rez-de-Chaussée et de la fenêtre à meneaux du premier ainsi que la porte d’entrée.
Derrière cette porte, une barre en bois, qui n’a pu être placée que lors de la construction de l’encadrement de pierre, coulisse à l’intérieur du mur et permet de bloquer l’entrée qui donne sur un grand escalier  droit. Sur la droite, les quatre petites fenêtres du rez-de-chaussée et la fenêtre à meneau du premier éclairent chacune une grande salle haute à la cheminée monumentale.

Dans la cour à l’arrière une petite tour, servant en haut de pigeonnier, privilège d’aristocrates, à l’étage intermédiaire de latrines ayant en bas sa cuve de déversement.

 

Adieu tout

Le 16 novembre nous avons accueilli 2 comédiens, Aline Marquis et Thierry Ponthieux du théâtre du Rond Point de Valréas pour une lecture de lettres de Poilus « Adieu Tout ».

Ces lettres émouvantes, parfois terrible dans la description des tranchées étaient néanmoins très poétiques et  chargé d’énergie. Ces textes ont été fort bien portés par les comédiens.

Images de la Drôme en Guerre

La municipalité accueille, du 9 au 25 novembre 2018, l’exposition des Archives Départementales de la Drôme : « 1914-1918 : Images de la Drôme en guerre » à la chapelle du Pradou.

L’association des Onze tours s’associe à cette manifestation en réalisant quelques affiches présentant un regard taulignanais sur cette période. Comme dans toute les communes de France, nombre d’hommes ont disparus lors de la grande guerre et de nombreux bouleversements ont marqués la vie au quotidien. Nous sommes heureux de présenter le travail des enfants du cycle 2 de l’école de Taulignan sur cette période. F Lousberg qui y a consacré un travail remarquable de recherche y a également participé.

 

la tribune expo nov 18

« Vivre à Taulignan pendant la Grande Guerre »  Françoise Lousberg

« Vivre à Taulignan pendant la Grande Guerre » Françoise Lousberg

Une soixantaine de personnes sont venus écouter cette conférence  « Vivre à Taulignan pendant la Grande Guerre » par Françoise Lousberg le 11 novembre 2018 à la salle de réunion de la mairie de Taulignan.

Françoise Lousberg nous a décrit la vie à Taulignan dans la période de 1906 à 1921 environ, illustré de nombreuses photographies et documents, l’aspect quotidien de la vie et les conséquences de la grande guerre ont été abordés.

Vous pourrez découvrir plus d’information dans son livre

la tribune conf 11 nov 18

Place de la Vendée

Cette place témoigne de l’urbanisme du bourg castral avant les opérations d’élargissement des rues au XIXe siècle: des rues très étroites avec régulièrement des élargissement créant de petites places.

Maison du tailleur de pierres : Si l’on a la curiosité de s’enfoncer dans cette impasse que forme la place de la Vendée, on découvre au fond à droite la façade fin XVe – début XVIe siècle en parfait état, de la maison d’un tailleur de pierre. Seul un des meneaux de la fenêtre du premier étage manque. Noter les pierres chanfreinées des fenêtres du premier et deuxième étages, typiques de cette époque. Noter également la porte à double accolade ayant en son centre un écusson portant une équerre et un marteau, signes d’un artisan tailleur de pierres.

Maison du tailleur de pierre Façade.jpg
Maison du tailleur de pierres fenêtre.jpg

Impasse de la Vendée

Deux rues (rue de la Vendée, rue de la petite Vendée), une impasse et une place portent ce nom, dont l’origine serait à déterminer (Nom d’une famille noble de Taulignan, comme l’impasse Boulogne ?).
Cachée dans l’impasse de la Vendée, on peut voir une façade exceptionnellement préservée :  Celle d’une maison ordinaire du XIIIe siècle, parfaitement conservée.  Ces façades sans ostentation ont souvent été négligées et ont donc souvent disparu. C’est la seule façade de ce type conservée à Taulignan. Il faut noter l’accolade et la croix gravées sur le linteau de bois de la porte,  l’appui en pierre sculptée de la fenêtre et le cadre de bois chanfreiné de cette dernière. L’avancée de toit correspond à l’époque, car la génoise, devenue typique de la région, n’est arrivée qu’au XIXe.