Randonnée JEP 2019

Samedi 21 septembre 2019, nous avons organisé une randonnée à la découverte d’une cabane de charbonniers, dite des « Italiens » située dans les bois communaux de Taulignan

La marche sur sentiers de terre avec comme point de départ le parking de la chèvre à Taulignan était de 6,3 kms AR et 220 m de dénivelé.

Cette randonnée permet de découvrir la végétation des bois de Taulignan et les traces de l’exploitation du charbon de bois, notamment les vestiges de la cabane dite des « Italiens » que nous envisageons de restaurer.

En août 2019, le site a été fouillé officiellement par des bénévoles dont un archéologue JC Mège et un murailleur L Ginoul-Cagin, qui ont réalisé inventaire et mis à jour notamment un conteneur de parachutage américain de 1944 destiné au maquis de la Lance.

 

A l’initiative de l’association Sport Nature Aventure de Taulignan, un projet de reconstruction de cette cabane de charbonniers dite des « Italiens » dans les bois de Taulignan est à l’étude. L’association des Onze Tours a décidé de s’associer à ce projet.

Nous avons donc dans un premier temps essayé de faire un bref historique de ce type d’exploitation forestière et des hommes qui y ont été associés.

La production de charbon de bois dans notre région et dans l’ensemble du Dauphiné a été relativement importante dans la première moitié du XXe (1). Le charbon de bois était à l’époque très utilisé pour la métallurgie du fer et de l’acier, pour la verrerie et la cuisine (usage des « potagers »).

Le travail du charbonnier est rude et saisonnier. Son travail consiste, en premier lieu, à couper le bois nécessaire à la fabrication du charbon de bois, éventuellement après avoir débroussaillé le terrain et en fonction des recommandations du patron, propriétaire ou locataire de la coupe. Ce bois est ensuite transporté, sur le dos ou sur des traîneaux, jusqu’à une plateforme où sera édifiée la charbonnière. Le charbonnier devra également récolter de la feuille puis de la terre pour recouvrir le bois de la charbonnière avant de la mettre «à cuire ». L’utilisation dans la deuxième partie du XXe des fours métalliques facilitera la production.

Dans le même temps, il va construire son logement sur place, dans lequel il va vivre avec ses compagnons de travail ou sa famille, car il faut être en permanence à pied d’œuvre, en particulier au moment de la combustion de la charbonnière, pour surveiller 24 heures sur 24 le travail en train de s’accomplir. Quand le charbon de bois est prêt, le patron vient en prendre livraison. Le charbonnier n’a pas à se déplacer. Il ne maîtrise en aucune manière les circuits qui commercialisent sa production. Ces charbonniers travaillaient pour des entrepreneurs locaux qui devaient les payer au quintal (1).

Ce travail de bûcherons et charbonniers était dans la  Drôme, essentiellement effectué par des italiens, des Bergamasques en particulier qui viennent exercer leur métier dans le Vercors, dans le Diois et dans les Baronnies (2). Si la présence d’étrangers en Drôme en 1911 est faible (à peine 1% recensé), celle des italiens représente plus de la moitié et va tripler dans les années 1930 (3). Les bûcherons et charbonniers travaillent dans les villages disséminés dans le massif du Vercors. Ils exercent leur métier à Bouvante, dans le Royans et dans le Diois. Pour ces travailleurs de la forêt, « l’aventure de l’émigration se décline de deux manières : un mouvement passager et souvent cyclique correspondant au temps de la saison, qui se termine par un retour au pays natal, et un second mouvement conçu comme définitif, en vue d’une intégration progressive au pays d’accueil ». Nombre de ces italiens vont d’une commune à l’autre, d’une soierie ou d’un chantier forestier ou de charbonnage à un autre (3).Les Italiens cherchent à s’intégrer rapidement et les mariages mixtes sont de plus en plus nombreux : plus de 150 soit 16 % des familles en 1926. Les naturalisations suivent le même mouvement avec 255 en 1926 et un millier dix ans plus tard.

Le charbonnier vit donc une triple mobilité : celle liée à l’émigration, d’Italie vers la France, celle liée à ce métier particulier qui le fait bouger en fonction des coupes de bois, celle également du travailleur saisonnier qui se déplace au gré des petits boulots possibles. Il est le type même du travailleur mobile, peu contrôlable, un jour sur une coupe, le lendemain ailleurs. Mobilité lisible dans les déplacements d’une famille au cours d’une vie. Mobilité lisible sur plusieurs générations dans une même famille. L’intégration du charbonnier à la société locale a commencé du jour où aux groupes d’hommes ont succédé des familles, où quittant la cabane en forêt, il a installé femme et enfants dans une maison en pierre au village. La cabane en forêt, où il dormait au moment de la combustion de la charbonnière, devenait alors «résidence secondaire » pour la famille, cabanon du dimanche, cabane de jeu pour les enfants qui éprouvaient un grand plaisir à venir jouer les robinsons le temps d’un dimanche, le temps de quelques jours de vacances (1).

Ce passage de la forêt au village a été le premier pas vers l’abandon du métier. Beaucoup de charbonniers, à partir des années 1930, ont commencé à trouver d’autres activités. Si le métier de charbonnier a été le premier travail exercé à l’arrivée, c’est aussi celui qu’on a volontiers abandonné pour revenir au statut de paysan en prenant une ferme ou en trouvant d’autres types d’activités : exploitant forestier pour son propre compte, ouvrier agricole, employé des Ponts et Chaussées ou des Eaux et Forêts, épicier, ouvrier en usine ou dans une entreprise de travaux publics, carrier, etc… (1).

Et à Taulignan, que savons-nous des charbonniers ?

Il semble que les charbonniers qui ont travaillé aux coupes des bois de Taulignan s’inscrivent dans le schéma détaillé précédemment. L’un des derniers charbonniers ayant utilisé la cabane dite des « italiens » soit un sieur Milesi né en 1898 à San Giovani Bianco, région de Bergame en Italie. San Giovani est un village de fond de vallée alpine où la démographie est forte et l’immigration définitive à partir de 1925 est également importante.

Il serait venu 3 années à partir de l’âge de ses 20 à 22 ans comme bucheron en saison à Taulignan faire du charbon de bois. Puis il aurait émigré définitivement à Taulignan. La cabane était utilisée lors de la chauffe du bois. Les patrons (marchands de bois) auraient été après la seconde guerre mondiale basés à Valréas.

Au souvenir d’un de ces enfants, le toit était fait de branchages et de terre. La production de charbon de bois se serait arrêtée aux environs des années 1950.  A partir de 1955, la famille a exploité une ferme au Condamines. Une partie de la famille Milesi réside toujours dans notre commune.

Bibliographie :
1-Charbonniers, le métier du diable ? Danielle Musset, Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, Migrance, marges et métiers  Année 2000 28-1-3 pp. 133-150.
2 -Le travail des immigrés dans la Drôme de l’entre-deux-guerres Jean-Luc HUARTE Ecarts d’identité  N°108 – 2006 p 27-32.
3-Les Petites Italies dans le monde – Italiens et Arméniens de la Drôme (1918-1939) – Jean-Luc Huarte – Presses universitaires de Rennes p197-210 -2007.

 

 

Journées Européennes du Patrimoine 2018 – 15 et 16 septembre

Une centaine de personnes sont venus voir l’exposition sur les transformations de Taulignan au XIXe siècle à la chapelle du Pradou, Samedi et dimanche 10 -12h et 14h-18h.

L’association a proposé une visite du village le samedi à 15h et un circuit découverte Chapelle Saint Pierre, cimetière et distillerie de lavandin (2 km, durée 1h30) le dimanche matin à 10h.

Le circuit découverte a proposé une étude géologique du paysage, la présentation de l’historique de la chapelle St Pierre, Nous avons ensuite fait un arrêt pour découvrir la tombe de GH Pingusson architecte qui a notamment travaillé au projet de la vialle à Grillon. Pour plus d’informations nous vous renvoyons à l’article (Pingusson).  Mr  Théolas a ensuite expliqué le fonctionnement de la distillerie de lavandin.

GH Pingusson

Georges-Henri PINGUSSON
Né à Clermont Ferrand en juillet 1894  Mort à Paris à 84 ans en octobre 1978

 

Après des études à l’École des Roches, il obtient son diplôme d’ingénieur à l’École supérieure de mécanique et d’électricité .

En 1913, il combat durant la Première Guerre mondiale dans les Dardanelles il en revient avec les honneurs militaires. A  son retour, il part pour un voyage initiatique en Italie à la recherche des bases de la civilisation. Classé premier au concours d’entrée de l’école nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Il étudie l’architecture de 1919 à 1925

Il dessine en 1930 une voiture au concept extrêmement moderne l’Unibloc, phares avant sous un vitrage caréné, ouverture des portes « en papillon » et structure en aluminium autoportante.

 

Il réalise en 1932 son premier chef-d’œuvre, l’hôtel Latitude 43  à Saint-Tropez, bâtiment emblématique de la coursive décalée, qui permet de s’adapter au site en offrant une double exposition aux chambres, vue mer au nord et soleil sur la pinède au sud. Le bâtiment développe sur son fronton mer la silhouette d’un paquebot moderne, radicalement layé par les lignes horizontales des coursives et des vues nord. Ce bâtiment s’inscrit dans un complexe aujourd’hui disparu qui s’échelonnait jusqu’au bord de mer, casino, piscine, terrains de sports, dédiés à l’homme moderne.

 

Il participe à l’Union des artistes modernes (UAM) aux côtés de Robert Mallet-StevensTony GarnierLe CorbusierAuguste PerretMarcel LodsAndré LurçatJean Prouvé, etc. Il entre par ailleurs au comité de rédaction de la revue L’Architecture d’aujourd’hui dès les premiers numéros.

Durant la guerre, il travaille à des études sur la normalisation de la construction, et prépare la Reconstruction avec d’autres architectes comme Jean Prouvé.

Architecte en chef de la reconstruction de la Sarre  puis du département de la Moselle .Il propose en 1947 un plan d’urbanisme futuriste et dédié à la modernité pour la reconstruction totale de Sarrebruckla caserne des pompiers de Metzde Sarreguemines et le plan de Briey (Le Corbusier y réalisera son unité d’habitation). Il réalise en Lorraine un grand nombre de plans et logements, notamment pour la reconstruction de la ville de Waldwisse, mais aussi des églises dont l’église de Boust, église ronde, exprimant après les destructions et le chaos, la fraternité retrouvée dans l’unité de Dieu.

Son second chef-d’œuvre est sans conteste le mémorial des martyrs de la déportation situé au bout de l’île de la Cité à Paris, réalisé avec une contrainte de non-visibilité par la présence de Notre-Dame. Il magnifie le programme en l’enfouissant dans une crypte, à laquelle on accède forcément seul vu le gabarit de l’escalier qui y mène, pour se retrouver broyé face à un peloton d’exécution stylisé, qu’il fera réaliser en fer de construction. Les agrégats du béton blanc mégalithique ont été réalisés, symboliquement,  avec des matériaux provenant de tous les sols de France. La porte d’entrée semble par l’inclinaison des murs, se refermer sur l’individu. Le rond poli qui est gravé dans le béton de cette porte, représente toutes les âmes qui, sur l’autre face en vis-à-vis, sont symbolisées par les lumières qui brillent dans l’obscurité du couloir funéraire.

Doué d’une grande culture, il enseigne en tant que chef d’atelier à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, puis à l’école d’architecture de Nanterre, où il développe la notion de pluridisciplinarité et les outils d’investigation dans tous les domaines du savoir et des connaissances, techniques et sociales. Il promeut des ateliers « hors les murs de l’école » dont le chantier du Vialle .

En 1974 il découvre le Vialle ancien village fortifié de Grillon (Vaucluse) et réalise plusieurs esquisses en vue de sa restauration. En 1978, la construction de 18 logements sociaux (HLM) est lancée. Cet ensemble présente un intérêt architectural indéniable : les murs, hors remparts et maçonneries d’origine conservés en l’état, sont réalisés dans une formule originale de « béton cyclopéen » utilisant les pierres provenant des démolitions du Vialle.  (Coloris s’intégrant à l’existant et sans doute même principe symbolique que pour le monument sur la Déportation.)

Le Vialle est le fruit d’une expérience originale de réhabilitation et de reconquête de l’habitat ancien.

Georges-Henri PINGUSSON ne put voir l’achèvement de ce dernier projet, il meurt à 84 ans pendant le déroulement des études,

Dans les années 70 M. Pingusson restaure une ancienne bergerie à Taulignan au-dessus du Pontaujar, dans laquelle il séjournera durant ses dernières années. Il est enterré ici dans ce village qu’il aimait bien.

P.S. Anecdotique.

Pour la petite histoire l’hôtel Latitude 43 à St Tropez a été transformé en appartements  dont l’un est actuellement en vente à 1 500 000 € pour 122m2 !!!

JF Boissier

 

JEP 2017

Les Journées Européennes du Patrimoine se sont déroulées les 16 et 17 septembre.

Nous avons eus le plaisir d’accueillir une trentaine de visiteurs à notre exposition sur le bâti de Taulignan à la chapelle du Pradou.

La visite guidée du village a rassemblé une quarantaine de personnes.

Diaporama,  crédit photos G Gosselin

 

Une soixantaine de marcheurs ont parcourus le circuit de découverte des cabanons (5 kms) sur le plateau du Paradis lors des sorties du samedi et dimanche,  à la découverte de ce patrimoine agricole. Cette visite commentée a été accompagnée notamment de commentaires géologiques.

Diaporama,  crédit photos Boissier

 

conférence « 3 ans de prospections archéologique à Taulignan » par JC Mège

le vendredi 22 janvier 2016, Jean-Claude Mège nous a fait le plaisir de nous conter les découvertes et les méthodes de prospection archéologique qui ont été effectués à Taulignan avec l ‘accord de la DRAC de  2011-2013.

Merci à JC Mège et au  public de votre participation et de la qualité des échanges.

N’hésitez pas à consulter les articles de notre site sur ce sujet, en cliquant sur le mot clé « archéologie »

ci dessous, un petit diaporama de notre rencontre

Journées Européennes du Patrimoine 2015

Vous avez été nombreux (123) à nous rejoindre pour visiter l’exposition sur le Bâti de Taulignan lors de ces journées européennes du patrimoine.  Merci à vous, cela nous encourage à continuer.

N’hésitez pas à nous contacter : vos suggestions, remarques, participations à nos activités sont souhaitées(lesonzetours@gmail.com).

Vous trouverez ci dessous le lien pour visualiser les posters qui ont été affichés lors de l’exposition (cliquez sur le nom). Lire la suite

Journées Européennes du Patrimoine 2014

Vous avez été nombreux à participer aux animations proposées par l’association des Onze Tours dans le cadre des journées du patrimoine des 20 et 21 Septembre 2014 à Taulignan :

Une vingtaine de personnes ont participés à la visite du village accompagnée par Jean-François Boissier le samedi.

– Les circuits de découverte de la flore de Taulignan,  guidés par Benoît Vincent, botaniste et phytosociologue du samedi et dimanche ont été suivis chacun par plus de vingt personnes.

– Les Circuits « Géologie et pierre sèche » autour de Taulignan, en campagne,  guidés par Loys Ginoul (murailleur), Jean-Paul Berger (géologue) et Sylvain Borel, qui se sont déroulés samedi et dimanche, ont attiré une trentaine de personnes. Vous pouvez accéder à la carte topographique et géologique de ce circuit en cliquant sur le lien : carte du circuit « géologie et pierre sèche »

 – L’Exposition et animation sur la transhumance « itinéraires de transhumance, de la Crau aux Alpes – la vie de berger » à la chapelle du Pradou, animée par Michèle Pasquet et Paul Sauteron lors de ces journées a accueilli 60 visiteurs dont 25 enfants qui ont pu participer aux animations. L’exposé débat sur  « le berger et le loup »  présenté et animé par Aurélien Moureau a été suivi dans une bonne ambiance.