Plaque en fonte du réseau des eaux de Taulignan

Plaque en fonte du réseau des eaux de Taulignan – 1886

Au XIXe siècle, les fontaines de Taulignan étaient alimentées par la source Clavelle, située au NE du bourg, près de la Rialhe. Le débit de cette source devenant insuffisant, la municipalité a signé, le 12 mai 1882, une convention avec M Félicien Thomas, moulinier en soie. Selon ce contrat, M Thomas s’engage à capter des sources en contrebas des bois de Taulignan et à construire une canalisation suffisante pour conduire cette eau jusqu’à la place du Château. Ce qui nécessite la construction d’un tunnel de 400m sous la colline des Buissières, au nord du quartier Auzières.

M Thomas s’engage à fournir à la commune un débit constant de 125 lignes d’eau (soit 125 l/min). En contrepartie, il pourra vendre le surplus à des particuliers, sous réserve de fournir la commune en priorité.

M Thomas s’engage à faire faire tous les travaux à ses risques et périls et à entretenir et garantir l’installation pendant 10 ans. La municipalité s’engage, en contrepartie des 125 lignes d’eau, à lui verser 5000F à la réception des travaux, puis 5000F au bout des 10 ans de garantie.  la fin de cette période de 10 ans, la commune devait devenir entièrement propriétaire du réseau, M Thomas se gardant le bénéfice de l’exploitation des lignes d’eau concédées à des particuliers.

Après de nombreuses péripéties administratives, le réseau des « eaux Thomas » sera mis en service le 5 octobre 1886. M Thomas n’attendra pas 10 ans pour céder son ouvrage à la commune : dès le 18 octobre 1888, il vend tous ses droits à celle-ci contre une rente viagère de 730 F par an.

Ce réseau est toujours en partie en service 130 ans plus tard, incorporé au réseau actuel. Le tunnel des Buissières en particulier a dû être réparé plusieurs fois, entre-autre suite à un éboulement en 1910, puis en 1978 suite à l’obstruction des canalisations par le calcaire.

Les 125 lignes d’eau attribuées à la commune étaient réparties entre les différentes fontaines publiques. Le débit de chacune des fontaines était régulé par des vannes situées sous la chaussée et protégées par des plaques en fonte. C’est l’une de ces plaques qui a été retrouvée récemment et restaurée par les services techniques de Taulignan. Elle porte la mention « Fontaines de Taulignan – 1886 » et date donc de la mise en service du réseau Thomas.

Source : AD Drôme – EDEPOT93/130 – 1O2 Canalisations                                                                          JP Berger – mars 2019

Cette plaque est aujourd’hui visible par tous dans la salle d’exposition de la commune de Taulignan.

Chartes de Taulignan – exposition Mars 2019

Exposition de quelques chartes de Taulignan restaurées

Exposition chartes PL

De quoi s’agit-il ici ? Outre un registre du cadastre de 1665, ni plus ni moins que des éléments les plus anciens de notre patrimoine, sous la forme de 7 parchemins du XIIIe au XVe siècle, dont sont exposés 4 originaux et 3 reproductions (ces dernières pour des raisons pratiques, la taille des originaux ne leur permettant pas d’entrer dans une vitrine).

Ce sont des parchemins, c’est-à-dire des documents écrits sur des peaux d’animal, généralement mouton ou veau, parfois cousues l’une à l’autre, qui servaient de support aux actes importants.

Ces documents sont appelés « instruments » : ce sont des actes juridiques établis par une personne habilitée, le plus souvent un notaire, car c’est une des rares personnes à savoir écrire, et qui spécifient les dispositions d’un accord entre deux parties, d’une convention, d’un engagement, et qui serviront par la suite de référence pour l’exercice d’un droit.

Ces actes sont rédigés en latin qui est partout la langue de l’écrit au Moyen Âge, l’occitan étant chez nous comme dans tout le Midi la seule langue parlée du XIIe au XVIe siècle, mais que pour Taulignan l’on ne retrouve pas dans les chartes. On a par contre l’occitan à l’écrit à Taulignan dans les comptes consulaires, c’est-à-dire la comptabilité de la ville tenue par, ou au nom, des consuls (consols) de 1455 à 1539, avec quelques cahiers en latin. Le français n’apparaît à Taulignan dans aucun document avant 1539 date à laquelle le premier François, le roi Français Ier (prononcer les deux [franswè]), le rend obligatoire à l’écrit par son ordonnance de Villers-Cotterêts du 25 août.

Ces textes, rédigés en latin donc, sont généralement construits sur le même modèle, un peu à la manière de nos actes notariés, avec au début indication de l’année (on se souvient que le calendrier julien ne correspond pas au nôtre avant 1582) et, à la fin, mention du lieu, des différents témoins, de l’ordre d’une demi-douzaine ou plus, et du notaire qui a rédigé l’acte. Dans la plupart des cas est appendu un sceau mais ceux-ci n’ont bien souvent pas survécu au passage du temps (et des lecteurs successifs…)

Comme on pourra le constater, le contenu de ces actes est loin d’être immédiatement accessible, que ce soit en raison de la langue employée (même si le latin n’est pas très difficile) ou en raison de l’écriture (même si l’on est familiarisé avec la paléographie) ou encore à cause de leur état de conservation. Si bien que rares sont les personnes susceptibles de les lire si l’on n’a pas fait l’École des chartes. L’historien non professionnel pourra toutefois avoir recours aux résumés que l’on peut trouver dans les inventaires d’archives dressés par les archivistes comme André Lacroix ou, comme c’est le cas pour quelques-unes de nos chartes, s’il l’on a la chance de tomber sur une traduction française qui en a été faite vers le milieu du XVIe siècle.

JC Rixte

Le vernissage du 2 mars 2019 a rassemblé une trentaine de personnes, nous vous espérons nombreux à venir à cette exposition.

Maison noble rue des Fontaines, XVe et XVIe siècles.

Cette maison a une façade sobre et digne qui cache une maison noble des XVe et XVIe siècles.
Noter les montants chanfreinés des quatre fenêtres du Rez-de-Chaussée et de la fenêtre à meneaux du premier ainsi que la porte d’entrée.
Derrière cette porte, une barre en bois, qui n’a pu être placée que lors de la construction de l’encadrement de pierre, coulisse à l’intérieur du mur et permet de bloquer l’entrée qui donne sur un grand escalier  droit. Sur la droite, les quatre petites fenêtres du rez-de-chaussée et la fenêtre à meneau du premier éclairent chacune une grande salle haute à la cheminée monumentale.

Dans la cour à l’arrière une petite tour, servant en haut de pigeonnier, privilège d’aristocrates, à l’étage intermédiaire de latrines ayant en bas sa cuve de déversement.

 

« Vivre à Taulignan pendant la Grande Guerre »  Françoise Lousberg

« Vivre à Taulignan pendant la Grande Guerre » Françoise Lousberg

Une soixantaine de personnes sont venus écouter cette conférence  « Vivre à Taulignan pendant la Grande Guerre » par Françoise Lousberg le 11 novembre 2018 à la salle de réunion de la mairie de Taulignan.

Françoise Lousberg nous a décrit la vie à Taulignan dans la période de 1906 à 1921 environ, illustré de nombreuses photographies et documents, l’aspect quotidien de la vie et les conséquences de la grande guerre ont été abordés.

Vous pourrez découvrir plus d’information dans son livre

la tribune conf 11 nov 18

Impasse de la Vendée

Deux rues (rue de la Vendée, rue de la petite Vendée), une impasse et une place portent ce nom, dont l’origine serait à déterminer (Nom d’une famille noble de Taulignan, comme l’impasse Boulogne ?).
Cachée dans l’impasse de la Vendée, on peut voir une façade exceptionnellement préservée :  Celle d’une maison ordinaire du XIIIe siècle, parfaitement conservée.  Ces façades sans ostentation ont souvent été négligées et ont donc souvent disparu. C’est la seule façade de ce type conservée à Taulignan. Il faut noter l’accolade et la croix gravées sur le linteau de bois de la porte,  l’appui en pierre sculptée de la fenêtre et le cadre de bois chanfreiné de cette dernière. L’avancée de toit correspond à l’époque, car la génoise, devenue typique de la région, n’est arrivée qu’au XIXe.

 

 

Journées Européennes du Patrimoine 2018 – 15 et 16 septembre

Une centaine de personnes sont venus voir l’exposition sur les transformations de Taulignan au XIXe siècle à la chapelle du Pradou, Samedi et dimanche 10 -12h et 14h-18h.

L’association a proposé une visite du village le samedi à 15h et un circuit découverte Chapelle Saint Pierre, cimetière et distillerie de lavandin (2 km, durée 1h30) le dimanche matin à 10h.

Le circuit découverte a proposé une étude géologique du paysage, la présentation de l’historique de la chapelle St Pierre, Nous avons ensuite fait un arrêt pour découvrir la tombe de GH Pingusson architecte qui a notamment travaillé au projet de la vialle à Grillon. Pour plus d’informations nous vous renvoyons à l’article (Pingusson).  Mr  Théolas a ensuite expliqué le fonctionnement de la distillerie de lavandin.

Du Bourg castral au village moderne

Du Bourg castral au village moderne

L’association des Onze tours est heureuse de vous annoncer la parution du livre de Jean-Paul Berger : « Du bourg castral au village moderne », l’urbanisation de Taulignan au XIXè.

Ce livre est vendu prix public : 15 euros, prix adhérent (à jour de cotisation) : 12 euros.

 

 

Historique du village

Brève histoire du Taulignan

« Comme beaucoup de noms de lieux terminés par -an, Taulignan doit sans doute son nom à celui de l’exploitant d’un domaine gallo-romain, probablement dénommé Taurinius, ou Taulinius, suivi du suffixe de localisation –anum, le Taulinianum gallo-romain devenant progressivement Taulinhan en occitan puis Taulignan en français.

Et effectivement, le territoire de Taulignan a été marqué par l’occupation gallo-romaine. Il est traversé par une ancienne voie protohistorique Est-Ouest qui relie la voie Nyons-Dieulefit, au niveau du pont d’origine romaine de Pontaujard, à la vallée du Rhône au niveau du Logis de Berre. Cette voie, nommée Chemin des Invasions entre Pontaujard et Taulignan, longe à son départ le quartier Saint-Marcel qui garde les traces d’une villa gallo-romaine associée à un lieu de culte qui sera à l’origine, au XIIe siècle, de la petite chapelle rurale de Saint-Marcel.

Un deuxième axe, Nord-Sud, part du village en direction de Valréas et longe l’ancienne villa gallo-romaine de Peyriol découverte en 1976.

Les occupations plus anciennes (Paléolithique moyen et supérieur puis Mésolithique) ont laissé quelques traces autour de Pontaujard, près du Lez, et celles de l’occupation Néolithique, plus nombreuses, sont dispersées sur la commune.

 

Taulignan est un « bourg castral ». Ce qui signifie que le village entourait complètement l’ancien château. Celui-ci occupait la partie la plus haute du village et était entouré de ses propres remparts. Déjà peu ou pas occupé au XVIIIe siècle, il est en ruines au moment de la Révolution et ne sera même pas vendu comme bien national puisque considéré comme « tas de décombres ». Il ne reste que quelques traces de ses remparts et de certains bâtiments, incorporées dans des murs plus récents. L’actuelle place du château était située à l’extérieur de celui-ci, devant le portail. Les salles voûtées situées sous cette place, dont l’une abrite un beau lavoir, ont été construites au XIXe siècle.

Le village entourait le château selon un plan concentrique caractéristique

Les remparts sont assez bien conservés et possèdent encore onze des quatorze tours anciennes, dont deux qui remontent aux origines de l’enceinte médiévale.

La seule des deux portes d’origine qui soit conservée, probablement reconstruite aux XVe – XVIe siècles, est la porte Nord ou porte d’Anguille.

Taulignan était jadis une seigneurie qui appartenait au XIIe siècle à Bertrand de Taulignan, vassal du baron de Montauban, qui pour des raisons financières céda son fief au comte de Valentinois, Aymar de Poitiers, en 1295. Jusqu’à la Révolution, les successions vont se faire par le biais des mariages et des héritages : Taulignan devint ainsi possession des Bressieu, Alleman, Monteynard, Grolée de Viriville, Sénozan et Talleyrand-Périgord.

La veuve de Jean-Antoine de Sénozan, Nicole de Lamoignon, sœur de Malesherbes, fut incarcérée à la Conciergerie avec son amie Élisabeth de France et monta sur l’échafaud le 10 mai 1794.

Un grand nombre de maisons au sein du village ont de très belles façades des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Ceci est un signe de la richesse que connaissait alors le pays. Taulignan fut un lieu de passage et de commerce.

Taulignan était au XIXe siècle une ville prospère principalement grâce au moulinage de la soie qui employait plusieurs centaines d’ouvriers et surtout d’ouvrières. Le Musée de la soie, installé à Taulignan, entretient le souvenir de cette industrie.

 

 

 

Exposition Mars 2018 : Du bourg castral au village moderne – les transformations de Taulignan au XIXe siècle

Le village de Taulignan s’est fortement développé au XIXe siècle, sous l’effet notamment de l’industrialisation et de l’augmentation de la population qu’elle a provoquée. Les rues de l’ancien bourg castral ont été élargies, des maisons et bâtiments anciens ont été reconstruits ou agrandis, des bâtiments nouveaux sont apparus. Ces grands travaux nous ont laissé de nombreuses traces dans les archives : grands « plans d’alignement » ou de « redressement », plans de projets d’architecture pas toujours réalisés, etc. Ce sont tous ces documents d’archives qui seront présentés et commentés dans cette exposition. Une analyse du recensement de 1861 permettra de mieux connaître la population de ce bourg lors de cette période.

L’exposition est ouverte à tous les : vendred1 10-12h, samedi 10-12h et 15h -19h, dimanche 10-12h, du 1 mars au 25 mars 2018. Des visites guidées de groupe seront possibles sur réservation, éventuellement en dehors de ces heures.

Contact : lesonzetours@gmail.com ou 06 75 97 97 67.

Circuit découverte du bourg cadastral et signalétiques

Taulignan est un « bourg castral ». Les remparts sont assez bien conservés et possèdent encore onze des quatorze tours anciennes. Deux d’entre-elles, carrées, datent de l’époque médiévale.

Des deux portes d’origine, la seule qui soit conservée est la porte Nord ou porte d’Anguille probablement reconstruite aux XVe – XVIe siècles. Un grand nombre de maisons du village ont de très belles façades des XVe, XVIe et XVIIe siècles.

Sur le plan du vieux village de Taulignan sont indiqués une douzaine de lieux ou de bâtiments historiques. Certains sont présentés sur des panneaux d’information (n° 1 à 7).

En cliquant sur les liens ci -dessous vous pouvez télécharger le dépliant des sites remarquables du bourg de Taulignan :

dépliant bourg verso

dépliant bourg recto